Application de la convention franco-britannique à la résidence fiscale

Vue du pont de Londres

Quand appliquer la convention franco-britannique à la résidence fiscale ?

Examiner d’abord les règles nationales de résidence

En France, plusieurs critères permettent de caractériser le domicile fiscal : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’exercice d’une activité professionnelle qui n’est pas accessoire, ou le centre des intérêts économiques. Ces critères sont alternatifs. Il n’est donc pas nécessaire de les remplir tous pour être considéré comme domicilié fiscalement en France selon le droit interne.

 

Le foyer correspond notamment au lieu où vous habitez normalement avec votre famille. Des déplacements professionnels réguliers à l’étranger ne suffisent pas nécessairement à le déplacer. De même, la localisation de votre activité ou de vos principaux intérêts économiques peut conduire à une résidence française, même lorsque votre présence sur le territoire est limitée.

 

Au Royaume-Uni, la résidence s’apprécie selon le Statutory Residence Test. Ce dispositif examine notamment les jours de présence, le travail, les logements et les liens avec le pays. Un départ pour la France ne met donc pas automatiquement fin à votre résidence britannique. Il faut vérifier les conditions applicables à l’année concernée.

 

Identifier une éventuelle double résidence fiscale

Les règles françaises et britanniques peuvent aboutir à des conclusions différentes. Vous pouvez avoir établi votre foyer en France tout en conservant suffisamment de liens avec le Royaume-Uni pour y rester résident selon sa législation.

 

Cette double qualification constitue le point de départ de l’analyse conventionnelle. La convention permet alors de déterminer un seul État de résidence pour son application. Il faut distinguer cette résidence conventionnelle des qualifications initialement retenues par chaque droit national.

 

Vous ne choisissez pas librement votre résidence fiscale en fonction du régime le plus avantageux. Elle résulte des critères applicables à votre situation réelle.

 

Quels critères déterminent la résidence fiscale selon la convention franco-britannique ?

Le foyer d’habitation permanent

Le premier critère est celui du foyer d’habitation permanent. Il désigne un logement durablement disponible pour votre usage : maison, appartement, chambre ou logement prêté. Vous pouvez en disposer sans en être propriétaire.

 

L’enjeu est la disponibilité effective du logement. Un bien que vous possédez mais qui est intégralement loué à un tiers n’est pas nécessairement un foyer disponible pour vous. À l’inverse, un appartement loué à l’année peut remplir cette fonction.

 

Si vous disposez d’un foyer permanent dans un seul des deux pays, ce critère permet en principe de trancher la double résidence.

 

Si vous disposez d’un tel foyer dans les deux pays, il faut poursuivre l’analyse.

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Vue de la Tour Eiffel

 

Le centre des intérêts vitaux

Lorsque deux foyers permanents existent, on recherche le pays avec lequel vos liens personnels et économiques sont les plus étroits. Il s’agit du centre des intérêts vitaux.

 

Les relations familiales, l’activité professionnelle, les affaires et l’organisation de la vie quotidienne doivent être appréciées ensemble. L’administration ne se limite pas à l’adresse figurant sur un document ou au pays où arrive votre salaire.

 

Par exemple, un logement conservé à Londres pour des déplacements professionnels peut coexister avec une vie familiale et une activité principalement organisées en France. Ces éléments doivent être mis en balance. Le centre des intérêts vitaux englobe les liens personnels et économiques, contrairement à une analyse portant uniquement sur la provenance des revenus.

 

Le séjour habituel

Si le centre des intérêts vitaux ne peut pas être déterminé, ou si aucun foyer permanent n’existe dans les deux États, on examine le séjour habituel.

 

Ce critère porte sur les habitudes de présence. La fréquence, la durée et la régularité des séjours permettent de comprendre où votre vie se déroule habituellement. Un calendrier de déplacements peut ainsi devenir une pièce utile.

 

Il faut éviter de transformer cette étape en une règle universelle de 183 jours. Le nombre de jours n’est pas le premier critère de départage conventionnel. Il intervient dans une analyse distincte des tests nationaux de résidence et des règles propres à certains revenus.

 

La nationalité et l’accord entre administrations

Si vous séjournez habituellement dans les deux pays, ou dans aucun, la nationalité intervient. Une personne possédant uniquement la nationalité britannique peut alors être considérée comme résidente du Royaume-Uni pour l’application de la convention.

 

Si elle possède les deux nationalités, ou aucune, les autorités compétentes doivent trancher d’un commun accord.

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Ordre Critère Question à examiner
1 Foyer d’habitation permanent Un logement permanent est-il disponible dans un seul pays ?
2 Centre des intérêts vitaux Si deux foyers existent, où les liens personnels et économiques sont-ils les plus étroits ?
3 Séjour habituel Où séjournez-vous habituellement si les étapes précédentes ne tranchent pas ?
4 Nationalité Quelle nationalité possédez-vous si le séjour habituel reste indécis ?
5 Accord des autorités Les administrations doivent-elles départager la situation ?

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Ces critères s’appliquent successivement : on s’arrête dès qu’une étape permet de conclure. Un passeport britannique ne prime donc pas sur un foyer permanent situé uniquement en France.

 

Comment appliquer la convention franco-britannique à des situations concrètes de résidence fiscale ?

Un Britannique installé en France conserve un logement au Royaume-Uni

Prenons l’exemple d’une personne britannique qui s’installe en France avec son conjoint, mais conserve un appartement à Londres. Supposons que les règles nationales des deux pays la qualifient de résidente.

 

Si les deux logements restent durablement disponibles, le premier critère ne tranche pas. Il faut examiner le centre des intérêts vitaux. La vie familiale, les activités et les liens économiques devront être comparés.

 

Dans cet exemple, une activité désormais exercée principalement en France, associée à une vie familiale française, pourrait orienter l’analyse vers la France. La conservation d’un appartement britannique ne suffit pas, à elle seule, à maintenir la résidence conventionnelle au Royaume-Uni.

 

La famille et l’activité professionnelle sont réparties entre les deux pays

Imaginons une personne travaillant régulièrement à Londres tandis que son conjoint et ses enfants vivent en France. Elle dispose de logements dans les deux pays et effectue des déplacements fréquents.

 

La conclusion exige davantage de précautions. Il faut comprendre le caractère durable de cette organisation, les relations personnelles, les responsabilités professionnelles et les conditions de chaque séjour.

 

Dans un tel cas, le lieu de travail ne doit pas être isolé du reste des faits. Si l’examen des intérêts vitaux demeure indécis, le séjour habituel devient pertinent. Ces exemples illustrent la logique des tests de double résidence décrite par le HMRC ; ils ne constituent pas une qualification automatique de toute situation comparable.

 

Un déménagement intervient en cours d’année

Un transfert de résidence demande de reconstituer précisément la chronologie : disponibilité du nouveau logement, départ de la famille, commencement de l’activité et maintien éventuel des attaches antérieures.

 

Il faut également tenir compte des périodes fiscales. La France raisonne sur l’année civile, tandis que l’année fiscale britannique commence le 6 avril et se termine le 5 avril suivant. Au Royaume-Uni, un traitement en année fractionnée, appelé split year treatment, peut s’appliquer sous certaines conditions.

 

La date du déménagement ne suffit donc pas toujours à déterminer seule le traitement fiscal de toute l’année. Les règles de départ ou d’arrivée doivent être examinées dans chaque pays.

 

Quelles conséquences de la convention franco-britannique sur la résidence fiscale et les revenus ?

Déterminer le droit d’imposer chaque revenu

La résidence conventionnelle constitue un préalable. Elle ne signifie pas que tous les revenus seront imposables exclusivement dans le pays retenu.

 

Les revenus immobiliers sont notamment imposables dans l’État où se trouve le bien. Un résident de France percevant des loyers britanniques peut donc avoir des obligations fiscales au Royaume-Uni.

 

Pour les salaires, le lieu d’exercice physique de l’emploi joue un rôle essentiel, sous réserve des exceptions conventionnelles. Un employeur britannique ne suffit pas à rendre britannique l’imposition de tout travail effectué depuis la France.

 

Les pensions nécessitent également de distinguer les pensions ordinaires de celles relevant de fonctions publiques. Les dividendes et les intérêts obéissent à leurs propres dispositions. Il faut qualifier séparément chaque revenu avant de déterminer son traitement.

 

Appliquer les mécanismes d’élimination de la double imposition

L’article 24 prévoit les mécanismes destinés à éviter une double imposition. Pour un résident de France, le crédit d’impôt peut, selon la catégorie de revenus et les conditions applicables, correspondre à l’impôt français relatif au revenu ou à l’impôt britannique, dans une limite conventionnelle.

 

Ces mécanismes n’ont pas les mêmes effets. Un crédit égal à l’impôt français peut neutraliser l’impôt correspondant au revenu concerné, alors que celui-ci reste susceptible d’influencer le calcul applicable aux autres revenus. Le crédit d’impôt ne constitue pas un remboursement automatique et intégral de tout prélèvement étranger.

 

Les obligations déclaratives doivent être traitées séparément. Lorsqu’un revenu étranger doit être déclaré en France, l’annexe 2047 permet généralement d’en détailler la nature, avec les reports nécessaires dans les déclarations principales ou complémentaires. Une imposition déjà acquittée au Royaume-Uni ne dispense donc pas systématiquement de déclaration française.

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Liste à éléments cochés

 

Comment justifier sa résidence fiscale entre la France et le Royaume-Uni ?

Réunir les documents correspondant aux critères examinés

La démonstration doit suivre le raisonnement juridique. Il est utile de préparer un dossier retraçant vos logements, votre présence, votre vie familiale et votre activité, plutôt que de vous appuyer sur une seule adresse administrative.

 

Selon votre situation, les pièces utiles peuvent comprendre :

  • Les baux et documents établissant la disponibilité des logements ;
  • Un calendrier des déplacements accompagné de justificatifs ;
  • Les éléments relatifs au lieu de vie familial ;
  • Les contrats de travail et justificatifs des lieux d’exercice ;
  • Les documents décrivant vos principales activités économiques.

 

Cette checklist sert à organiser les faits. Aucun document ne doit être présenté comme décisif indépendamment du critère qu’il permet d’établir. Une chronologie cohérente facilite aussi l’identification des périodes où votre situation a changé.

 

Réagir à un désaccord entre les administrations

Lorsque les administrations retiennent des conclusions différentes, il faut identifier précisément l’origine du désaccord : résidence nationale, disponibilité d’un foyer, intérêts vitaux ou traitement d’un revenu.

 

Une réponse documentée permet de discuter le critère concerné. Si les mesures prises entraînent une imposition non conforme à la convention, une procédure amiable peut être envisagée auprès des autorités compétentes. Cette démarche doit être articulée avec les délais et recours nationaux ; son engagement ne doit pas conduire à négliger les autres échéances.

 

L’application de la convention franco-britannique à la résidence fiscale repose ainsi sur une méthode précise : examiner les législations nationales, résoudre une éventuelle double résidence, puis analyser chaque revenu.

Lorsque votre vie personnelle et professionnelle se répartit entre les deux pays, une analyse individualisée permet de sécuriser cette qualification et les déclarations qui en découlent.

 

Vous partagez votre vie entre la France et le Royaume-Uni et souhaitez clarifier votre résidence fiscale ? Maître Azmy vous accompagne dans l’analyse de votre situation et l’application de la convention franco-britannique pour sécuriser vos obligations fiscales.

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